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Présentation

Linux Quimper est un GUL (Groupement d'Utilisateurs de Linux), structure informelle basée à Quimper. Le but de ce groupe est d'assurer, à un niveau local et de façon concrète, la promotion et la diffusion du logiciel libre1) en général, en particulier du système d'exploitation libre GNU/Linux2).

Nos membres se retrouvent régulièrement pour discuter de thématiques liées à ce domaine, préparer l'organisation d'évènements de promotion et accompagner les curieux dans leur découverte du monde du libre.

Définitions

Le logiciel libre

Le logiciel libre repose sur 4 principes fondamentaux :

  • Liberté 0 : La liberté d'exécuter le programme — pour tous les usages ;
  • Liberté 1 : La liberté d'étudier le fonctionnement du programme — ce qui suppose l'accès au code source ;
  • Liberté 2 : La liberté de redistribuer des copies — ce qui comprend la liberté de vendre des copies ;
  • Liberté 3 : La liberté d'améliorer le programme et de publier ses améliorations — ce qui suppose, là encore, l'accès au code source.

Qui sont les principes fondateurs de la FSF3) (Free Software Foundation), créée par Richard M. Stallman4) afin de promouvoir et soutenir le projet GNU5). Il est aussi communément appelé logiciel ouvert, ou open-source, parce que, contrairement au logiciel propriétaire6) (ou privatif, ou fermé) le code source est accessible à tous.

Libre / Propriétaire ?

La grande majorité des logiciels vendus dans le commerce sont des logiciels propriétaires, qui sont distribués en version « exécutable », alors que les logiciels libres sont fournis avec leur « code source ». Source ? Exécutable ? Un petit détour par une analogie musicale permet d'éclairer ces termes. On peut considérer le code source d'un logiciel comme la partition de celui-ci, et le code exécutable comme sa version enregistrée. Une partition peut être jouée par n'importe qui, sur un piano, une flûte ou par l'orchestre philharmonique de Berlin. En revanche un enregistrement pressé sur disque ne permet pas de modifier la musique, de changer d'instrument ou de moduler l'interprétation.

Le passage de l'un à l'autre s'opère par traduction du code source (lu et écrit par l'homme) en code exécutable (que seul l'ordinateur comprend). Les logiciels libres sont distribués sous ces deux formes, tandis que les éditeurs de logiciel propriétaire (Microsoft ou Adobe…) ne vendent que le code « exécutable » et cachent le reste.

GNU/Linux

Aux temps premiers de l'informatique, le développement du logiciel n'était qu'une activité annexe pour les constructeurs d'ordinateurs, et les logiciels étaient diffusés avec leur code source. Le code source est la version intelligible et compréhensible par un humain d'un programme informatique. Il est écrit dans un langage dit de programmation qui décrit à l'aide de mots et de formules le fonctionnement précis d'un logiciel. Ce code source n'est pas directement utilisable par l'ordinateur, il est donc traduit en code machine, ou code exécutable.

Grâce à ce code source, les utilisateurs des ordinateurs, principalement des chercheurs à l'époque, pouvaient améliorer et corriger les logiciels en toute liberté et s'échanger les modifications pour permettre à tous d'en bénéficier.

Au début des années 80, cette règle tacite de partage des connaissances a changé. La multiplication des ordinateurs et l'apparition des ordinateurs personnels ont permis la création de nouvelles entreprises : les éditeurs de logiciels. Ces entreprises avaient pour seule activité la création et la vente de logiciels, ces derniers étant vendus sans leur code source. Ces logiciels dits propriétaires sont à l'heure actuelle vendus avec la majorité des ordinateurs personnels.

Malgré cette privatisation progressive des connaissances, des chercheurs continuaient de rendre accessible et modifiable le code source de leurs programmes, par exemple à l'Université de Berkeley aux États-Unis. Mais le concept de Logiciel Libre n'existait pas encore.

Richard M. Stallman, un chercheur en informatique au MIT, considère que le logiciel propriétaire divise les utilisateurs : livré sans son code source, il empêche un programmeur de le modifier ou de l'améliorer, et il interdit de le donner à son voisin, sa copie étant le plus souvent illégale.

Afin de faire perdurer l'esprit de partage des connaissances, il décide de quitter son laboratoire en 1984, et de se consacrer à l'écriture d'un système informatique complet et libre, appelé « GNU », pour « GNU's Not UNIX ». UNIX est un type de système informatique propriétaire utilisé à l'époque sur de nombreux ordinateurs. L'objectif de GNU est d'être similaire à UNIX, pour être rapidement utilisable, mais ce n'est pas UNIX, d'où son nom.

Pour promouvoir et soutenir le projet GNU, il crée en 1985 la Free Software Foundation. Les premiers travaux de cette fondation furent de définir le concept de Logiciel Libre et de rédiger un document définissant les conditions d'utilisation d'un Logiciel Libre : la licence publique générale GNU, ou GPL. Le projet GNU a ainsi posé les fondations éthiques et juridiques du Logiciel Libre.

Ce projet a donné naissance au système d'exploitation GNU/Linux, diffusé sous licence GPL7).

Pourquoi privilégier le logiciel libre ?

Le principe

Pour reprendre l'analogie musicale:

Les éditeurs de musique propriétaires vendent des disques dont la licence interdit toute modification, adaptation, redistribution sous quelque forme que ce soit. Vous n'achetez pas la musique, vous achetez un support physique avec l'autorisation de l'écouter (encore heureux). Il est strictement interdit d'essayer de reconstituer la partition originale à partir de l'écoute du disque8).

De son côté, le logiciel libre est à l'origine diffusé sous forme de partition. Ce qui n'implique pas qu'il ne s'adresse qu'aux musiciens capables de jouer cette partition. De nombreux musiciens les jouent, les enregistrent, et diffusent leurs enregistrements. L'intérêt de la licence libre est ici double :

  1. Ces musiciens sont libres de récupérer, jouer, modifier cette partition et de diffuser leur interprétation, ils le font en toute légalité.
  2. À condition de diffuser leur adaptation sous la même licence.

Le terme généralement employé pour décrire cet effet est le « pot commun ». Chacun peut piocher dans le pot commun, à condition d'y reverser ensuite ce qu'on a fait de cette pioche. Le pot commun de cesse donc de s'enrichir au fur et à mesure des contributions successives.

Les musiciens diffusent leurs interprétations des partitions de ce pot commun, et y reversent leurs adaptations/modifications/créations. Les simples mélomanes récupèrent les enregistrements pour les écouter chez eux, avec l'autorisation explicite de copier et redistribuer ces enregistrements.

On imagine facilement la croissance exponentielle du nombre d'interprétations d'une partition si celle ci devient populaire. Contrairement au disque propriétaire dont l'interprétation est figée, vous, simple particulier, pouvez récupérer, à partir d'une partition libre, l'interprétation que vous préférez.

Amateur de musique classique? Choisissez l'interprétation par un orchestre de musique de chambre. Vous préférez le rock ? Prenez plutôt l'interprétation faite par le trio guitare/basse/batterie. C'est pour votre fils de 17 ans ? Prenez le remix électronique des interprétations précédentes.

En pratique

Le système d'exploitation GNU/Linux est ainsi développé par des programmeurs, et redistribué sous forme de code exécutable pour les utilisateurs finaux (le code source restant accessible pour les programmeurs).

Chacun peut l'utiliser, y rajouter une fonction qui lui manque, corriger une autre qui ne marche pas bien, relire le code source pour l'améliorer et le rendre plus performant. Ainsi, ce n'est pas une équipe limitée de programmeurs salariés d'une entreprise qui ont accès au code source et participent au développement, mais virtuellement n'importe quel utilisateur, ce qui représente une masse incomparable de personnes disponibles.

De plus, tout le processus est réalisé de façon publique, ce qui implique qu'une vulnérabilité détectée est immédiatement prise en charge et corrigée, contrairement au logiciel propriétaire, dont certaines vulnérabilités ne sont que tardivement, voire jamais corrigées9) car non rendue publiques, ou pour forcer l'achat de nouvelles versions incluant une correction.

Le logiciel libre est donc intrinsèquement plus sûr.

Libre = gratuit ?

Le logiciel libre est le plus souvent distribué gratuitement ce qui n'implique pas qu'il n'ait aucune valeur, au contraire. Dans la philosophie du libre, le logiciel est un bien commun, qui doit être accessible à tous. Rien n'empêche d'en faire commerce, mais le code source est TOUJOURS accessible. Des sociétés existent, qui vendent du service autour du logiciel.

Un logiciel libre existe, qui correspond à vos besoins ? Vous pouvez l'installer et le configurer vous même. Vous ne savez pas, ou n'avez pas le temps de le faire ? Dans ce cas, il faut employer les service d'une société qui s'en chargera. La valeur marchande du logiciel libre réside, non pas dans le logiciel lui même, mais dans les compétences de ceux qui l'utilisent et savent le faire marcher.

La liberté de choisir

Le principe même de développement du logiciel libre favorise la multiplication des versions. C'est pour cela que le système d'exploitation GNU/Linux existe sous de nombreuses formes, qu'on appelle des distributions10).

Une distribution GNU/Linux est un ensemble de logiciels libres, réunis par une équipe de coordination plus ou moins grande, et proposés au public. Chaque distribution essaie d'apporter une spécificité, ou de répondre à un besoin précis.

Il existe ainsi des distributions destinées au grand public11), d'autres réservées à des usagers avertis12).

Certaines proposent les versions logicielles les plus récentes13), d'autres privilégient la stabilité14). Elles peuvent aussi viser un public très ciblé, comme les musiciens15), ou les scientifiques16).

Certaines distributions sont supportées financièrement par des entreprises, qui gagnent leur vie en vendant des services associés (assistance, stockage en ligne, déploiement et adaptation sur des gros parcs informatiques professionnels)17).

Certaines autres refusent tout compromis avec les éditeurs de logiciel propriétaire et n'intègrent exclusivement que du code libre18).

Au sein même de chaque distribution, il existe encore des possibilité de choix. Contrairement à Windows qui est monobloc, un système GNU/Linux peut s'utiliser en ligne de commande sans interface graphique. Ce n'est certes pas très pratique pour un usage bureautique mais ça correspond à certains besoins (serveur web). Par contre, cela permet d'installer plusieurs sortes d'interfaces graphiques.

Certaines ressemblent plus ou moins à Windows, avec des besoins matériels du même ordre de grandeur19). D'autres sont plus légères 20) et permettent de faire fonctionner correctement des ordinateurs peu puissants. L'intérêt est de faire marcher des ordinateurs anciens, conçus il y a 10 ans et trop faibles pour faire tourner une version actuelle de windows, mais pouvant accueillir un linux adapté sur mesure à ce matériel. Sur du matériel récent, ça permet aussi de limiter les besoins et de réduire le coût de production. Ces possibilités permettent l'émergence d'initiatives telles que la redistribution de vieux ordinateurs21) ou le projet OLPC (One Laptop Per Child)22)

6 principales raisons de choisir le libre

Par conviction

Tout d'abord, utiliser des Logiciels Libres est une démarche éthique : c'est la volonté d'utiliser des logiciels réalisés avec l'objectif de créer un bien commun dans l'intérêt général, et non pas des logiciels créés pour servir des intérêts privés.

La sécurité

La disponibilité du code source permet à des développeurs de vérifier en permanence ce code source, améliorant ainsi la fiabilité et la sécurité des Logiciels Libres. En particulier, la communauté du Logiciel Libre est très réactive en ce qui concerne la correction des problèmes de sécurité par rapport aux éditeurs de logiciels propriétaires.

Les Logiciels Libres sont souvent indépendants des contraintes commerciales : le développement n'est pas dirigé par la rentabilité et les corrections de problèmes mineurs ne sont donc pas négligées. Pour beaucoup de ces logiciels, il n'y a pas d'impératifs de calendrier : les nouvelles versions sortent lorsqu'elles ont atteint un niveau de qualité suffisant.

Ils sont aussi développés selon des principes différents, qui les rendent moins sensibles aux attaques de type virus23), ce qui ne veut pas dire qu'ils n'y soient pas exposés. Au final, sur ce point, la principale faille de sécurité reste le comportement de l'utilisateur.

La simplicité d'usage

Les applications disponibles sur un système GNU/Linux sont toutes regroupées dans des dépôts centralisés. L'offre logicielle est très fournie et la maintenance extrêmement simplifiée grâce à cette centralisation des applications. Un seul programme permet d'installer n'importe quelle application disponible dans les dépôts. En conséquence, le processus de mise à jour (équivalent à Windows Update) concerne donc non seulement le système d'exploitation lui même, mais également l'ensemble des applications installées. Plus besoin de parcourir le web pour trouver la dernière version de votre logiciel favori, tout est mis à jour automatiquement.

Le coût

Les Logiciels Libres sont légalement disponibles, recopiables et rediffusables. Leur utilisation permet donc un accès moins onéreux aux technologies de l'information. Leur coût, généralement plus faible que celui des logiciels propriétaires, voire nul dans la plupart des cas, permet d'engendrer des économies sur l'achat des licences.

Pour une entreprise, les économies ainsi réalisées peuvent par exemple permettre d'investir dans de la formation ou du support technique, ou financer le développement d'applications pour des besoins internes. Ces investissements peuvent aussi financer des sociétés de service locales plutôt que des éditeurs de logiciels situés la plupart du temps à l'étranger.

Indépendance

Les logiciels et les ordinateurs communiquent entre eux en utilisant des protocoles.

Les Logiciels Libres utilisent des protocoles ouverts24), c'est à dire documentés. N'importe quel autre logiciel peut utiliser le même protocole et communiquer de la même façon. On dit qu'ils sont interopérables25).

Les logiciels propriétaires ont tendance à privilégier les protocoles fermés, qui nuisent à l'interopérabilité. En effet, l'utilisation d'un protocole fermé vous rend tributaire du logiciel permettant de communiquer en utilisant ce protocole, et donc client captif de la société qui le commercialise, ce qui lui garantit des revenus réguliers.

De même, le monopole de fait entretenu par les éditeurs de logiciels propriétaires, détenteurs des droits de diffusion, et souvent par la même occasion fournisseurs exclusifs de support technique peut être évité par une entreprise utilisatrice de Logiciel Libre souhaitant modifier ou développer son outil, la disponibilité du code source lui permettant de faire appel à un prestataire de son choix, en faisant jouer la concurrence, ou encore d'employer en interne un programmeur pour le faire.

Pérennité

L'utilisation de Logiciels Libres vous garantit un accès durable à vos données. Contrairement aux logiciels propriétaires, la plupart des logiciels libres utilisent des formats de fichiers qui sont souvent communs et dont la structure est, tout comme le code source, publique : les formats ouverts26). Exemples de formats ouverts : .odt pour les éditeurs de textes (contre-exemple propriétaire : .doc de MS Word).

L'utilisation de formats ouverts vous apporte la sécurité en terme de pérennité de vos données, car même si votre logiciel libre préféré disparait, les fichiers seront toujours utilisables et éditables par d'autres logiciels, qu'ils soient libres ou non, car leur structure est connue.

Dans le cas de formats fermés27), vous êtes tributaires de la bonne santé économique de l'éditeur et de son bon vouloir. Diffuser et conserver aujourd'hui vos données (productions textes, vidéos, etc.) dans des formats fermés vous soumet au risque de voir ces données inaccessibles d'ici à quelques années, si l'éditeur fait faillite, cesse de développer le logiciel, ou n'implémente plus ce format pour en privilégier un nouveau (exemple .doc vs .docx). Sans compter que des documents enregistrés par d'anciennes versions de certains logiciels, lorsqu'il sont lisibles, ne ressortent même pas correctement dans les dernières versions !

À Quimper

Linux Quimper participe à :

  • l'organisation d'ateliers de découverte du logiciel libre
  • l'organisation d'install-party ou nous installons à la demande un système d'exploitation GNU/Linux sur les ordinateurs de particuliers
  • l'organisation de redistribution de vieux ordinateurs à destination de personnes en situation financière précaire et d'associations de l’économie sociale et solidaire
  • des réunions bimensuelles ouvertes à tous, pour présenter le logiciel libre ou accompagner les débutants dans leur découverte du logiciel libre

Une liste des évènements auxquels nous avons participé est tenue à jour sur la page http://www.linuxquimper.org/wiki/doku.php?id=evenements

Cette page est une compilation librement inspirée, voire pour certains passages éhontément recopiée, des sources suivantes dont la lecture est fortement recommandée :

/data/repository/lnxkemper/data-wiki/pages/dossier_de_presse.txt · Dernière modification: 2009/10/30 17:07 par Fuck Norris